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Comprendre la nourriture comme mémoire, identité et lien.


Pour celles et ceux qui traversent les frontières, la nourriture devient souvent bien plus qu’un simple moyen de subsistance. Elle devient mémoire, identité et un lien puissant entre le passé et le présent. C'était le thème central de l'épisode 8 de « Empower to Integrate », diffusé sur RTK 103, dans lequel l'animatrice Nazlee Mayhew a exploré la manière dont la nourriture relie les gens à leur pays d'origine tout en les aidant à se construire une nouvelle vie à Malte.


Le cuisinier Gil Gain, originaire des Philippines, et le restaurateur Ben Muscat, qui perpétue une longue tradition culinaire familiale maltaise, se sont joints à la discussion. Bien que leurs parcours soient différents, leurs points de vue ont mis en lumière une vérité commune : la cuisine a le pouvoir de rassembler les gens comme peu d’autres choses le peuvent.


Pour de nombreuses communautés de migrants, la nourrriture est au coeur de la vie sociale. Elle est présente lors des fêtes, des rassemblements et des moments du quotidien. Comme l’a expliqué Gil, la culture philippine s’articule autour du partage des repas, que ce soit à travers des plats traditionnels comme l’adobo ou des moments de convivialité ponctués de musique et de conversations. Ces moments créent un sentiment d’appartenance, même loin de chez soi.


« La nourriture nous rassemble », a-t-il fait remarquer, en expliquant comment les communautés à l'étranger font revivre des traditions familières pour rester en lien avec leurs racines.


Mais la nourriture ne se contente pas de préserver l'identité, elle permet aussi de tisser de nouveaux liens. Dans des contextes multiculturels comme celui de Malte, le partage d'un repas devient un point de départ vers la compréhension. Goûter à la cuisine d'une autre culture ouvre la voie à la découverte de son peuple, de ses valeurs et de son histoire.


Cette idée se reflète dans l’expérience de Gil, qui adapte la cuisine philippine en utilisant à la fois des ingrédients importés et des produits locaux. Si certains éléments doivent être importés de son pays d’origine pour préserver l’authenticité, d’autres sont remplacés par des alternatives locales, créant ainsi un mélange de cultures dans l’assiette. Ce processus est le reflet de l’expérience plus générale des migrants : préserver son identité tout en s’adaptant à un nouvel environnement.


L'histoire de Ben Muscat, ancrée dans la tradition maltaise, offre un point de vue complémentaire. Ayant grandi dans un restaurant familial fondé dans les années 1960, sa vie a été façonnée par la gastronomie, l'hospitalité et l'esprit communautaire. Aujourd'hui, il s'attache toujours à préserver les recettes traditionnelles tout en adaptant leur présentation aux attentes modernes.


« Nous ne voulons pas changer les traditions », a-t-il expliqué, soulignant l’importance de préserver l’authenticité tout en évoluant avec le temps.


Malgré les différences culinaires, les deux intervenants ont souligné les similitudes frappantes entre les cultures. Des fêtes de rue aux célébrations, en passant par le rôle central des aliments de base comme le riz ou le pain, ces pratiques communes montrent à quel point les gens sont étroitement liés, au-delà des apparences.


L'hôtellerie-restauration, en particulier, s'est révélée être un puissant vecteur d'intégration. Comme l'a décrit Ben, les restaurants créent des espaces où les barrières s'estompent. Des personnes de nationalités et d'horizons différents, voire issues de régions du monde opposées, s'assoient côte à côte, unies par une expérience commune.


« Au restaurant, ces barrières ont tendance à s’estomper », a-t-il déclaré, soulignant la capacité unique de la nourriture à créer un sentiment de réconfort et d’ouverture.


Par ailleurs, la discussion a mis en évidence certains défis, notamment les préjugés liés aux aliments peu familiers. L'éducation et la familiarisation ont été identifiées comme des éléments clés pour surmonter ces obstacles. En encourageant les gens à découvrir de nouvelles cuisines, les communautés peuvent dépasser les idées reçues et développer une appréciation fondée sur l'expérience.


En fin de compte, cette discussion a mis en évidence que la nourriture n'est pas seulement une question de goût, mais aussi de lien social. Elle véhicule des histoires, préserve la culture et crée des espaces où les gens peuvent se rencontrer sur un pied d'égalité.


Car parfois, la manière la plus simple de comprendre quelqu’un ne passe pas par les mots, mais par ce qu’il met dans son assiette.


Vous pouvez regarder l'épisode sur les liens suivants : https://youtu.be/pTP594be6OQ?si=kszz6lv2WAaBneYj


L’émission radio “Empower to Integrate” s’inscrit dans le cadre du projet “Empower to Integrate”, qui est une initiative collaborative de “Aditus Foundation” et de l’association “African Media Association Malta”. 

 

Ce programme a pour but de promouvoir l’intégration et l’inclusion sociale des ressortissants de pays tiers à Malte. Il est financé par le “Asylum, Migration and Integration Fund (AMIF)”, cofinancé par l’Union européenne et en collaboration avec le “Parliamentary Secretariat for European Funds”. 

 

Pour plus d’informations sur le projet, cliquez ici.


Cet article est la traduction française d'un article rédigé dans le cadre du projet « Empower to Integrate ».

La version originale en anglais est disponible ici.

 

 
 
 

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