Foi et dialogue interreligieux, normes culturelles et spiritualité
- Houda El Hadi
- il y a 1 jour
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Il s’agit d’une expression souvent utilisée pour souligner les differences, mais si cette différence n’était pas un obstacle, mais plutôt un pont?

Cette question a servi de fil conducteur à la discussion de l'épisode 7 de l'émission « Empower to Integrate », diffusée sur RTK 103, pendant laquelle l'animatrice Nazlee Mayhew s'est entretenue avec l'imam Laiq Ahmed Atif, président de la communauté musulmane de Malte, sur la foi, l'identité et le rôle de la spiritualité dans la construction de sociétés plus inclusives.
S'appuyant sur son expérience en matière de dialogue entre les religions, l'imam Atif a expliqué que son rôle allait bien au-delà de la direction des prières. Il s'agit, a-t-il précisé, d'une mission fondée sur l'accompagnement des individus, non seulement sur le plan spirituel, mais aussi social et moral, tout en les encourageant à devenir des membres actifs et responsables de la société. Cette vision élargie a donné le ton à une conversation qui a dépassé la religion en tant que source de division pour la présenter plutôt comme un vecteur potentiel de rapprochement.
Au cœur de la discussion se trouvait une idée simple mais forte : même si les pratiques religieuses peuvent varier, les valeurs qui les sous-tendent sont très souvent les mêmes. La compassion, le respect et le dévouement envers autrui sont des principes communs à toutes les confessions religieuses, qui constituent un socle commun pour la coexistence. Lorsque l'on donne la priorité à ces valeurs communes, la foi sert davantage à renforcer la compréhension mutuelle qu'à susciter la division.
Dans le contexte maltais, majoritairement catholique, cette évolution est déjà en marche. Le dialogue interreligieux s’est développé progressivement au fil des années, grâce à des initiatives qui rassemblent les communautés musulmanes et chrétiennes autour d’expériences communes, allant d’événements liés au jeûne à des programmes éducatifs.
Ces interactions ne sont pas purement symboliques : elles créent de réelles occasions pour les gens de se rencontrer, de s’écouter et d’apprendre les uns des autres, contribuant ainsi à briser progressivement les idées reçues.
L'écoute, en particulier, s'est imposée comme un thème central. La discussion a montré que l'intégration ne commence pas par la parole, mais par la compréhension. Prendre le temps d'observer, d'apprendre la langue et de s'adapter aux normes culturelles permet de nouer des liens plus profonds. Parallèlement, l'ouverture d'esprit des communautés d'accueil est tout aussi essentielle, car elle permet de créer un environnement dans lequel ces efforts peuvent déboucher sur une véritable inclusion.
La spiritualité, lorsqu’elle s’inscrit dans une volonté de servir le bien commun, a également été présentée comme une force d’unité. Au-delà des croyances différentes, l’appel à aimer son prochain, à servir l’humanité et à promouvoir la paix demeure universel. Ces principes communs offrent aux communautés une voie pour dépasser leurs différences et œuvrer ensemble à une société plus cohésive.
La conversation a également remis en question certaines perceptions de la diversité. Plutôt que d’y voir une source de tensions, celle-ci a été présentée comme une richesse : un élément qui élargit les perspectives et approfondit la compréhension mutuelle. De la même manière que la diversité enrichit la vie quotidienne, elle peut aussi renforcer les liens sociaux lorsqu’elle est abordée avec ouverture et curiosité.
Cette réflexion s’est étendue aux expressions visibles de la foi, comme le hijab, souvent mal comprises. Loin d’être des symboles de division, elles ont été décrites comme des expressions d’identité, de pudeur et de conviction personnelle, rappelant l’importance de dépasser les apparences et les préjugés pour en comprendre le sens profond.
En fin de compte, la discussion est revenue sur la question de la responsabilité partagée. L'intégration n'est pas un processus à sens unique : elle nécessite des efforts tant de la part des individus que de la société. Alors que les migrants s'adaptent à leur nouvel environnement, les communautés doivent également créer des espaces où chacun se sente reconnu, respecté et valorisé.
Car bâtir des sociétés inclusives ne consiste pas à effacer les différences, mais à reconnaître notre humanité commune, à embrasser la diversité et à choisir le dialogue plutôt que la division.
Vous pouvez regarder l'épisode sur le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=B-coJNJDmv4&list=PLnIJiL_SX870eeetmNYe3YOzJXkBghz8l
L’émission radio “Empower to Integrate” s’inscrit dans le cadre du projet “Empower to Integrate”, qui est une initiative collaborative de “Aditus Foundation” et de l’association “African Media Association Malta”.
Ce programme a pour but de promouvoir l’intégration et l’inclusion sociale des ressortissants de pays tiers à Malte. Il est financé par le “Asylum, Migration and Integration Fund (AMIF)”, cofinancé par l’Union européenne et en collaboration avec le “Parliamentary Secretariat for European Funds”.
Pour plus d’informations sur le projet, cliquez ici.
Cet article est la traduction française d'un article rédigé dans le cadre du projet « Empower to Integrate ». La version originale en anglais est disponible ici.




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