Les routes migratoires de l’est de la Libye : une économie mortelle alimentée par les réseaux de passeurs.
- Houda El Hadi
- il y a 2 jours
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Série d’articles : Les causes profondes de la migration
Ces dernières semaines, l’est de la Libye a connu une forte hausse du nombre de corps de migrants retrouvés, parallèlement à une augmentation des départs le long de la « route de Tobrouk ». Cette tendance souligne comment les flux migratoires vers l’Europe sont de plus en plus façonnés par l’évolution des pressions sécuritaires et par une économie du trafic de migrants en pleine expansion et extrêmement rentable. Pendant une interview, le chercheur Tarek Lamloum affirme que ces morts ne sont pas accidentelles, mais étroitement liées à un système de trafic d’êtres humains organisé et en expansion dans la région.

M. Lamloum explique que l’est de la Libye est devenu un important point de départ migratoire depuis 2019, lorsque les forces armées de Khalifa Haftar ont consolidé leur contrôle sur la région, y compris les postes-frontières et les aéroports. Ce contrôle, combiné à une gouvernance fragile et à la présence de groupes armés, a créé un environnement propice au développement plus ouvert des réseaux de passeurs. Au fil du temps, des villes côtières auparavant peu actives comme Tobrouk et Derna sont devenues d’importants points de départ pour les embarcations de migrants, les routes s’étant déplacées depuis l’ouest de la Libye en raison du renforcement des patrouilles soutenues par l’Union européenne en Méditerranée.
L’interview souligne que la migration dans l’est de la Libye n’est plus seulement un mouvement de transit, mais un véritable système économique. Les réseaux de passeurs sont désormais intégrés aux économies locales, impliquant non seulement les trafiquants, mais aussi des travailleurs, des propriétaires et de petites entreprises qui tirent profit de la présence des migrants. Parallèlement, les migrants doivent affronter des traversées maritimes périlleuses à bord d’embarcations en bois ou de canots pneumatiques surchargés, ce qui entraîne souvent des naufrages et des décès, en particulier parmi les Africains subsahariens et les ressortissants soudanais.
Dans l'ensemble, M. Lamloum met en garde contre le fait que le système s'autoalimente : les gains financiers considérables générés par le trafic encouragent sa poursuite et son expansion, tandis que le renforcement des contrôles aux frontières ailleurs ne fait que rediriger les flux vers des itinéraires plus dangereux et moins surveillés, comme celui qui traverse l'est de la Libye pour rejoindre la Crète.
Le rapport complet est disponible sur le lien suivant :




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