L’identité et le poids discret de l’appartenance
- Houda El Hadi
- il y a 2 jours
- 2 min de lecture

On décrit souvent la migration comme un déplacement à travers des frontières, des systèmes et des opportunités. Pourtant, pour beaucoup, le parcours le plus complexe commence après l’arrivée, dans le processus lent et souvent invisible de reconstruction de l’identité.
Pour Anna Reshmi, coordinatrice psychosociale qui a quitté l'Inde pour s'installer à Malte, la migration a été à la fois une évolution professionnelle et une transformation profondément personnelle. Même si elle s'était préparée à ce déménagement, la réalité s'est avérée bien plus complexe. « Tout semblait différent, de la communication aux interactions quotidiennes », se souvient-elle. Même les gestes les plus familiers sont devenus source d’incertitude, ce qui montre à quel point la culture façonne profondément la vie quotidienne.
L’adaptation, souligne-t-elle, n’est pas immédiate. Elle est progressive, continue et s’accompagne souvent d’un sentiment discret de décalage. Les migrants doivent reconstruire non seulement leurs habitudes, mais aussi leurs relations, leur communauté et leur sentiment d’appartenance, souvent à partir de zéro.
Pour les personnes qui arrivent à la suite d’un déplacement forcé, les défis sont encore plus importants. La docteure Flavia Zimmermann, spécialiste de l’humanitaire, décrit la migration comme une rupture, “une fracture avec ce qui est familier”. Au-delà des démarches administratives, les migrants font face à une fatigue émotionnelle, à une perte d’identité et aux effets durables du traumatisme. Le passage du statut de professionnel, de parent ou de membre actif d’une communauté à une simple étiquette de “demandeur d’asile” représente un poids psychologique considérable.
Au cœur de cette expérience, beaucoup parlent d’un sentiment de vivre “entre deux”, pris entre un passé auquel ils ne peuvent revenir et un présent qui ne les a pas encore pleinement acceptés. C’est un espace marqué par l’incertitude, où le sentiment d’appartenance semble éphémère et où l’identité reste en suspens.
Pourtant, c'est au cœur de cette complexité que réside le potentiel. Comme le soulignent les deux intervenants, l'intégration ne peut se réduire à une simple question de politique ou de procédure. Elle nécessite des liens humains, de l'empathie et des espaces où l'on ne demande pas aux individus de renoncer à ce qu'ils sont, mais où on les aide à se redéfinir.
Après tout, la migration ne se résume pas à un simple déplacement, c'est aussi une question de sens et une quête permanente d'un lieu où l'on se sente chez soi.
Vous pouvez regarder et écouter cet épisode sur le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=sJhEM5Kv3yM&t=25s
Ne manquez pas les prochains épisodes qui vous inspireront et vous informeront !
L’émission radio “Empower to Integrate” s’inscrit dans le cadre du projet “Empower to Integrate”, qui est une initiative collaborative de “Aditus Foundation” et de l’association “African Media Association Malta”.
Ce programme a pour but de promouvoir l’intégration et l’inclusion sociale des ressortissants de pays tiers à Malte. Il est financé par le “Asylum, Migration and Integration Fund (AMIF)”, cofinancé par l’Union européenne et en collaboration avec le “Parliamentary Secretariat for European Funds”.
Pour plus d’informations sur le projet, cliquez ici.
Cet article est la traduction française d'un article rédigé dans le cadre du projet « Empower to Integrate ».
La version originale en anglais est disponible ici.




Commentaires